lundi 31 octobre 2011

*Les HOSPITALIERS.


Je l'avais dans ma tête depuis 2 ans. Après mes TEMPLIERS 2009 ratés avec un abandon à TREVES au bout de 50km pour des problèmes digestifs, je suis bien décidé à prendre ma revanche cette fois. Le programme est simple : 75km avec 3500m D+. J'arrive à NANT samedi en milieu d’après-midi

passage au retrait du dossard



et direction la fin du parcours du "Trail LARZAC DOURBIE" en compagnie de Manu pour encourager les amis qui sont sur ce 30km

Max et sa très belle 2ème place

Yvan en mode "prépa-Népal"

Thomas (photo loupée) et le duo Flo/Francis tout sourire

La nuit tombe maintenant et je retrouve Michel et Manu pour un sympathique et sage repas d'avant course. 21h je regagne mon "lit-voiture" afin de finaliser le sac de course avant d'essayer de dormir un peu

3h réveil, petit dèj copieux et direction l'aire de départ

Photo du trio

5h c'est le départ des 400 traileurs dans la nuit



La nuit est calme et seules quelques nappes de brouillard viennent perturber la progression



7h, le jour se lève et j’atteins SAUCLIERES (16km) lieu du premier point d'eau en 2h

J'ai 1 heure d'avance sur les barrières horaires, tout va bien. Direction maintenant la vallée jusqu'à "St Jean" par un sentier roulant ou seules quelques grosses flaques occasionnent quelques ralentissements

Je pointe à "St Jean" (21km) à 7h40 en 2h40. Il faut maintenant gravir la très longue montée (15km) jusqu'au point culminant : le St GUIRAL à l'altitude 1350m environ. L'ascension se fait par paliers avec alternance de fortes pentes



et replats



Passage rapide au point d'eau de la "Croix des prisonniers"

Avec l'altitude le brouillard disparaît enfin





et laisse place à de superbes point de vue





toujours de bons raidillons



avant la traversée d'une superbe hêtraie



le sommet n'est plus très loin

10h15 je suis au St GUIRAL à la mi parcours au km 36 en 5h15



Premier bilan : partie réalisée sans problèmes. Plan de ravitaillement respecté. Allure peut être un peu trop rapide sur les portions roulantes ?

Place à la descente sur DOURBIES par un joli sentier assez pierreux ou la chute n'est jamais loin



DOURBIES et son premier ravito en solide est en vue

11h30 je suis à DOURBIES au km44 en 6h30. 2h15 d'avance sur la barrière horaire. Je me sens encore frais. Je refais le plein en eau, mange bananes, pain d'épice et coca pour boisson

Bilan : tout va bien, je suis encore lucide, j'ai bien profité des superbes paysages et même des plus inattendus

Au moment de repartir j'ai juste le temps de croiser Manu qui arrive à son tour. prochaine étape, TREVES 11km plus loin. D'abord le sentier est large et très roulant et peu intéressant



Heureusement les paysages d'automne sont splendides







On retrouve alors un monotrace en balcon qui surplombe une très belle vallée

Une grosse bosse et nous voilà au dessus de TREVES



et la vallée du TREVEZEL avec au fond le causse sur lequel il faudra monter avant de regagner CANTOBRE au fond

Dans la descente Manu me rejoint

On fera route ensemble jusqu'au ravito. Mais il n'est pas au mieux et pense à stopper en bas.

On longe le ruisseau

et 13h35 nous voilà à TREVES au km55 en 8h35 de course. Manu dit définitivement STOP. Je sais ce qu'il doit ressentir car c'est ici même qu'en 2009 j'avais due jeter moi aussi l'éponge, mais cette fois pas question.

Bilan : 2h20 d'avance sur la barrière horaire. Fatigue générale normale au bout de 55km. Pas de douleurs ni de faiblesse gastrique. Menu respecté à la lettre et lucidité toujours au top.

Je repars seul confiant pour la suite vers CANTOBRE 12km plus loin. On longe d'abord le TREVEZEL



avant d'emprunter un sentier étroit en balcon et en dévers très usant. Pierres, racines etc....

ce passage, la chaleur aidant est très dur pour moi. C'est le coup de mou qui me tombe dessus. Je remets de la musique, essaye de penser à autre chose d'agréable et profite des paysages toujours superbes



Vient alors le moment de remonter sur le causse et bizarrement c'est sur cette portion escarpée de cote



que je retrouve un peu d'entrain. Un dernier rampaillou dans les buis

et c'est le plateau. Sur le causse

j'ai à nouveau un mauvais moment, je m’aperçois vite que j'ai oublié de suivre mon protocole de ravitaillement cette dernière heure. Il me faut manger vite du sucré car j'ai les premiers signes d'une Hypo (étourdissements, picotements sur le visage, frissons etc...). je tente de prendre un gel "coup de fouet", une bouchée et beerk, ça passe pas et je vomis aussitôt le tout. Titubant, je m'assieds un moment sur le bord du sentier, je ne suis pas au mieux et le spectre de l'abandon me hante ! Je me calme, reprends mes esprits, me reconcentre. Il faut à tout pris que je prenne du sucre. Je mélange le reste du gel à une grosse gorgée d'eau et avale de force le tout. Ouf j'arrive à garder mon "repas". 5 minutes de halte, une fois calmé je me relève et repars en marchant

La descente sur CANTOBRE est difficile

mais je tiens le choc. petit à petit je retrouve de l'entrain et arrive à grignoter à nouveau. CANTOBRE est en vue



Un dernier gros passage escarpé et c'est l'ultime ravito au km 67

Bilan : CANTOBRE (km 67), il est 17h25 (12h25 de course). j'ai 1h05 d'avance sur la barrière horaire. j'ai su gérer le gros coup de pompe sur le plateau. J'ai mis 4h pour faire ce tronçon de 12km, dur dur. Mais l'essentiel est là, je suis debout et bien décidé à ne rien lacher et à terminer cette épreuve. Je mange une 1/2 banane, un coca et c'est parti pour les 8 derniers km à la frontale

Pour passer la ligne d'arrivée il faut remonter à nouveau sur le causse avant de gagner le "Roc Nantais" qui surplombe l'arrivée. Je suis seul et marche dans la nuit qui tombe avant de rejoindre un concurrent dans la montée

Il est en panne de frontale

je lui propose logiquement de faire route commune en lui prêtant mon faisceau lumineux jusqu'à l'arrivée

On marchera ensemble bon train en papotant jusqu'au bout. La dernière descente du "Roc Nantais" fait très mal aux jambes mais les clameurs et les lueurs de l'aire d'arrivée font oublier tout ça. Quelques larmes de plaisirs, de joie et de fierté coulent le long de mes joues. Que c'est bon!!!!!!!

Oublié l’échec ici en 2009, oublié l'abandon à 12km de l'arrivée sur le GRP cet été.

Dans le village Michel est là pour m'encourager, merci. Et voilà enfin la ligne d'arrivée tant désirée. Mon compagnon sans lampe et moi passerons ensemble la ligne d'arrivée

en 14h20


J'avais un compte à régler avec moi même sur ces sentiers depuis 2009, c'est chose faite.....

A venir: le tour des cirques