mercredi 27 août 2014

*Mon "presque" Tour des cirques.

Voilà l'objectif de l'année arrivé! Jeudi j'arrive à la VIELLE AURE dans l'après-midi et je me présente au retrait des dossards
l'opération est assez longue car tout est contrôlé. Avez vous les 2 frontales : oui. Avez vous la couverture de survie : oui etc... Sur place je retrouve tout à tour Romain, Francis, Florence, Thierry et Michel. Nous assistons au briefing sur la place avant d'aller se restaurer à Saint-Lary.
La nuit dans la voiture est assez moyenne (normal) car entre le stress et la pluie il n'est pas facile de faire dodo sereinement... 7h rendez-vous au départ des navettes pour ralier PIAU ENGALY lieu de départ.
l'équipe est tout sourire
dans le bus l'ambiance est détendue et joviale
arrivés à PIAU, il est 8h. Nous attendons jusqu'à 9h au chaud dans un hall de la station, et là les visages changent. Il y a de suite moins de sourires, les visages sont tendus
après s'être fait "biper" le dossard on se présente sur l'aire du départ
9h c'est partit. Je démarre tout doux, si doux que je me retrouve pratiquement dernier avec Romain et les FF !
pas d’inquiétudes, le chemin est encore très long. Allez 700m d+ sur larges pistes pour s'échauffer jusqu'en haut de la station à 2500m. On bascule et 700m d- pour repasser au départ
1h35 pour faire les 9km 700md+/700md-, j'ai remonté du monde et c'est avec Romain et les FF qu'on passe le premier pointage à PIAU
Place maintenant au "Port de Campbieil" et ses 2596m d'altitude. Le début emprunte une large piste roulante
avant de suivre par un sentier vallonné. Le tonnerre se fait entendre et la pluie annoncée ne va pas tarder à faire son apparition...
Boum et floc floc, c'est partit pour la pluie. Il faut enfiler la veste !
le temps se bouche vraiment et la pluie redouble d'intensité, la journée s'annonce longue et humide !
je courbe le dos et bien abrité je grimpe tranquille en doublant un peu
le sommet est là haut avec ses lacets pentus
passé le névé la montée est finie. Mais en haut un vent puissant et gelé nous fouette le visage, la pluie est gelée. pas la peine de s'attarder ici, je suis gelé !
vite il faut partir d'ici et basculer vers Gèdre en bas avec une longue descente de 1600m d-.
Après le pierrier du sommet la pente s'adoucie et devient roulante et verdoyante.
On passe devant les granges de Campbieil à 1600m en trottinant tranquillement
Tout va bien pour moi ici, trempé mais content !
la fin de la descente longe un joli ruisseau
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avant d'arriver sur une piste de luge qui annonce le ravito de Gédre.
ici je retrouve Michel arrivé un peu avant moi. 25km dans le cornet et tout est ok. Je me restaure avec une soupe chaude, du jambon et du pain.
14h45 il est temps de repartir pour l'ascension de la Hourquette d'Alans à 2430m d'altitude. De suite ça monte sévère dans la brume et la pluie. Il fait sombre dans la forêt et le terrain est glissant
le profil devient plus roulant au niveau des granges de Coumély
mais le temps est toujours pluvieux
et j'ai les pieds humides...
arrivé au lac des Gloriettes à 1700m on devrait apercevoir le cirque d'Estaubé, mais hélas la brume masque toute visibilité.
On traverse le barrage et contourne le lac par la gauche. Tient les nuages vont ils nous laisser voir quelque chose ?
Vite la photo, le cirque d'Estaubé semble vouloir se montrer !
On a même droit à du ciel bleu !!!!
Mais ce n'est que de courte durée. Dés l'attaque de la montée finale vers la Hourquette d'Alans le brouillard reprend sa place !
Au sommet (2430m) le vent et le froid sont toujours là pour nous accueillir, youpi !! Vite je bascule vers la vallée de Gavarnie dans le brouillard et au bout de 2 ou 3 lacets je rejoins Michel. A partir de là on fera route commune
On descend prudemment en marchant dans le brouillard sans trop bien voir où va le sentier. Tout à coup un son de cloche de vache insistant retentit dans le brouillard, en s'approchant on voit qu'il s'agit du refuge des Espuguettes (2000m) où un bénévole sonne l'heure de la soupe. Michel et moi boirons une bonne tasse bien chaude avant de repartir.
Le reste de la descente est assez technique et toujours glissant, la prudence est de rigueur.
On arrive enfin dans la vallée de Gavarnie. Il nous faut faire un aller retour jusqu'au pied du cirque de Gavarnie
le ciel semble accepter de nous laisser un peu profiter de ce joyaux
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En chemin on croise Romain qui lui est sur le retour du cirque. Il décide de nous attendre au ravito de Gavarnie 1km plus bas pour faire la section de nuit avec nous, OK Romain !
On continu notre aller retour. Au pointage (20h15) du cirque la vue est assez dégagée pour faire quelques photos souvenir, enfin on y voit un peu !
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Et hop on redescend vers le ravito de Gavarnie
le pont de Nadau
20h45 on est tous les 3 au ravito de Gavarnie (52km et 12h de course). On décide de prendre 1/2 heure pour bien recharger les accus avant d'aller affronter la nuit. Je mange une soupe et pâtes + jambon/pain + chocolat.
Hep les gars il est l'heure de repartir, on est pas d'ici !
Nous voila partit pour la nuit. La traversée du village de Gavarnie sera solitaire, ça ressemble à une ville morte, tout est fermé et personne dehors. Nous pénétrons dans la nuit noire et humide en plein brouillard
l'accès aux granges de Sauguet est raide, mais on avance bien avec un groupe qui nous suit. Passé le parking de Sauguet les choses vont se compliquer. Le sentier devient "merdique", il s'agit en fait d'une ornière étroite envahie par la végétation, le tout rendu glissant par la pluie et la brume. On est obligé de marcher comme un mannequin qui défile ou comme en équilibre sur un câble. La progression est difficile et casse gueule avec les cailloux et racines masqués par la végétation. Il nous faut aussi être très vigilant pour chercher et trouver les balises perdues dans le brouillard. Vous avez déjà mis plein phare en voiture dans le brouillard ? Avec la frontale c'est pareil...
En chemin Romain procède à un changement de piles nécessaire. On prendra la tête du trio à tour de rôle pour "jouer" à l'éclaireur...
Pour arriver au point d'eau de Bué, il faut redescendre, et le chemin devient maintenant très technique et casse gueule à souhait. Entre boue, racines et rochers glissants chaque pas est risqué ! Mais on avance et c'est là l'essentiel, on doublera même pas mal de traileurs en perdition. Bué est atteint à 1h45 du matin. Une halte au sec nous fait du bien avant de repartir vers la suite
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Un coup d’œil sur le profil pour voir qu'il reste 2 "coups de cul" jusqu'à Esquieze. On quitte Bué par une partie descendante avant d'attaquer une grosse montée bien raide et bien plus longue qu'attendue ! Les appuis sont toujours aussi fuyants ce qui rend la progression toujours pénible. Au sommet un passage dangereux et aérien est sécurisé par 2 bénévoles et une main courante. Interdit de glisser ici ! mais avec prudence on passe l'obstacle sans encombres. La descente qui suit est encore casse gueule, la fatigue et la lassitude nous gagne. Michel et moi avons même quelques hallucinations !! Mais au détour d'une maison isolée l'appel d'un habitant pour nous offrir un thé dans son jardin est bien réel, nous acceptons volontiers l'invitation et c'est un vrai régal de partager ensemble cette boisson chaude assis sur un cailloux mouillé ! Un plaisir simple.
Il faut reprendre la route, ou plutôt le sentier jusqu'à Esquieze. 5h30 du matin on entre dans Esquieze, c'est l'heure des sorties de boites de nuit. La situation est cocasse dans les rues avec nous 3 démontés par la nuit dehors et les fêtards démontés par leur nuit en boite, 2 mondes opposés se mélangent...
5h50 Enfin le ravito au km 80. On aura mis 8h pour faire 28 km, une allure d'escargot ! Dedans il fait chaud et surtout c'est sec ! On récupère nos sacs de survie pour pouvoir enfin enfiler des vêtements secs et propres, changement de chaussures aussi. Une salle de soins est à dispo et j'en profite pour aller me faire masser les jambes avant d'aller me coucher un peu et dormir 20 minutes.
Un bon plat de pâtes, rechargement des bidons et à 7h15 Michel et moi nous sommes prêts à continuer. Romain lui stoppera ici, il est là en mode préparation pour la diagonale en octobre prochain.
On met le nez dehors et on s'aperçoit vite de la fraîcheur humide matinale. De vrais têtes de vainqueur !
Bien couvert nous voilà partit pour la suite. Prochaine étape Tournaboup 13 km plus haut dans la vallée du Tourmalet. Les premiers km sont sur route et piste larges, on avance bien sans forcer, mais le temps est toujours bouché. Le profil s'élève d'un coup et je me rends vite compte que ça va être compliqué. Je ne tiens plus l'allure en montée. Je commence à payer les efforts consentis pendant la nuit qui aura laissé plus de traces que ce que je pense.
J'avance quand même, Michel me distance un peu et m'attend plus haut. Là je coince vraiment, je dois stopper et faire de petites pauses fréquemment. Je mange un peu et essaye de repartir. C'est très dur, de petits vertiges font leur apparition, j'avance plus. Je dis à Michel de ne pas m'attendre et de continuer à son allure, il y a la barrière horaire à passer à Tournaboup, Bye Michel et bonne chance ! Je continu seul et commence à tituber, je ressemble aux jeunes croisés ce matin en sortie de boite enivrés par l'alcool, pourvu qu'un flic ne me fasse pas souffler... Le plaisir n'est plus là, on ne voit toujours rien coté paysages, il reste encore 30km / 1000m d+ et 2000m d- à se taper, je suis vidé et lassé de la pluie et du brouillard. Je ne me sens pas capable de continuer et je décide sans regrets d'arrêter au ravito de Tournaboup après 27 heures de course sur 92km et 6000m D+.
De retour à Vielle Aure je retrouve la bande et on attendra joyeusement jusqu'à 20h pour voir arriver Michel en finisher, bravo Michel !
La fin de soirée se fera autour d'une table entre amis en mode détente ! Superbe week-end ! très belle expérience sur un ultra. Je suis content de mon parcours, j'ai bien géré l'alimentation avec 0 soucis. J'ai passé de super et grands moments inoubliables avec mes compagnons du jour et de la nuit ! Un ultra est une aventure sportive et humaine. Je me suis présenté sur cette course en ayant fait ce qu'il fallait ou du moins avec ce que je pouvais faire coté préparation. Pendant la course j'ai donné tout ce que je pouvais. J'ai sans doute pas très bien supporté la pluie et le brouillard en continu durant la course, la nuit aussi à été difficile mentalement et physiquement. Mais pas de regrets, j'ai pris du plaisir et quand il a totalement disparu et que la fatigue était trop grande j'ai arrêté. C'est ma règle des 3 P (Patience - Persévérance -  Plaisir), quand 1 des 3 P disparaît tu t'arrêtes. Je me suis aussi rendu compte que j'ai 50 ans et qu'il ne faut plus déconner pour la santé. Je pense maintenant arrêter les longues distances en course et plutôt me tourner vers du plus court, les offs et sur de la rando découverte... A suivre...
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A venir: le tour des cirques